Le Journal de Perrine

En cuisine

Cuisson du riz et des pâtes : eau, sel et minutage

28 juillet 2026

Cuisson du riz et des pâtes : eau, sel et minutage

J’ai longtemps cru que le riz et les pâtes, c’était ce qu’il y avait de plus simple en cuisine. De l’eau bouillante, une pincée de sel, et hop. Sauf que mon riz collait, mes pâtes étaient fades, et je me demandais pourquoi celles du restaurant italien du coin avaient ce petit truc en plus. Ce que j’ai compris, c’est que la simplicité apparente du riz et des pâtes cache en réalité quelques gestes qui changent tout. Et les apprendre n’a rien d’une montagne : c’est juste une question d’attention.

Ce qui m’a fait changer d’habitude

Le déclic est venu un soir où j’avais invité une amie à dîner. J’avais prévu un risotto, rien de bien compliqué sur le papier. Mais entre l’apéritif et la conversation, j’ai laissé le riz sans surveillance. Résultat : une masse compacte au fond de la casserole, collée, pâteuse. On a ri, on a mangé autre chose, mais je suis restée avec cette petite frustration.

Le lendemain, au lieu de passer à autre chose, j’ai eu envie de comprendre. Pas en lisant des traités de cuisine moléculaire, mais en faisant mes propres essais. J’ai refait trois fois le même riz en une semaine, en changeant un seul paramètre à chaque fois : la quantité d’eau, le rinçage, le temps de repos. Et j’ai découvert que réussir son riz, ce n’est pas du talent. C’est trois ou quatre réflexes qu’on peut adopter sans y penser, comme on a appris à marcher en nature : on trouve son souffle, puis ça devient une seconde nature.

Ce qui m’a surprise, c’est à quel point je m’étais compliqué la vie. Je mesurais l’eau au pif, je jetais le riz dans l’eau froide, je soulevais le couvercle toutes les deux minutes « pour voir ». Autant de gestes que je faisais sans y réfléchir et qui sabotaient ma cuisson. Changer ces petites habitudes a été plus simple que je ne l’imaginais.

Les proportions qu’on oublie toujours

Le premier secret, c’est la proportion eau-riz. Et je pèse mes mots : c’est le paramètre qui fait la différence entre un riz vaporeux et une bouillie. Pourtant, je l’ai ignoré pendant des années.

Voici ce que j’utilise aujourd’hui, selon le type de riz :

Type de rizQuantité d’eau pour 1 volume de rizTemps de cuisson indicatifRésultat attendu
Riz blanc long grain1,5 volume d’eau10 à 12 minutesGrains séparés, légers
Riz basmati1,5 volume d’eau10 à 12 minutesParfumé, aérien
Riz thaï ou gluant1,25 volume d’eau12 à 14 minutesLégèrement collant
Riz complet2 volumes d’eau35 à 40 minutesFerme, saveur de noisette
Riz rond (risotto)3 à 4 volumes de bouillon (ajoutés progressivement)16 à 18 minutesCrémeux, al dente

Pour les pâtes, la règle est plus simple mais tout aussi importante : un litre d’eau pour cent grammes de pâtes, et une cuillère à soupe de gros sel par litre. Ce n’est pas une suggestion. Si tes pâtes n’ont jamais le goût de celles du restaurant, il y a de fortes chances que l’eau ne soit pas assez salée. Je l’ai testé : le jour où j’ai vraiment salé mon eau, jusqu’à ce qu’elle ait le goût de la mer, mes spaghettis nature, juste avec un filet d’huile d’olive, avaient enfin du caractère.

Le geste qui empêche de coller

Le riz qui colle, c’est la frustration numéro un. Et la solution tient en deux gestes : rincer et ne pas toucher.

Rincer le riz avant cuisson, c’est le geste que j’ai mis le plus de temps à adopter parce qu’il me semblait superflu. En réalité, il enlève l’amidon en surface des grains, celui qui forme cette colle blanchâtre dès que l’eau chauffe. Je passe mon riz sous l’eau froide dans une passoire fine, en remuant avec les doigts, jusqu’à ce que l’eau qui s’écoule devienne claire. Pour le basmati, je le fais tremper trente minutes en plus : les grains s’allongent mieux et la cuisson est plus homogène. C’est le même type de geste patient qu’on applique dans un petit jardin optimisé : ce n’est pas la quantité de travail qui compte, c’est de le faire au bon moment.

Ensuite, une fois le riz dans l’eau bouillante salée, je baisse le feu, je couvre, et je ne soulève plus le couvercle. Plus du tout. Pas pour vérifier, pas pour goûter, pas par curiosité. La vapeur fait son travail et chaque coup d’œil rallonge la cuisson. J’ai chronométré, un jour : soulever le couvercle trois fois ajoute facilement deux à trois minutes au temps total. Et le résultat est moins régulier.

Pour les pâtes, le geste qui change tout, c’est de ne pas jeter l’eau de cuisson. Cette eau trouble et salée, je la conserve dans un bol avant d’égoutter. Une petite louche de cette eau amidonnée dans la poêle où je fais sauter mes pâtes avec la sauce, et tout s’émulsionne, s’enrobe, devient soyeux. C’est le secret des pâtes de restaurant, celui qu’on ne voit jamais dans les recettes trop rapides.

Les accommoder le lendemain

Il y a toujours un reste de riz ou de pâtes dans mon frigo. Et pendant longtemps, je les réchauffais au micro-ondes, obtenant des pâtes caoutchouteuses et un riz sec. Puis j’ai découvert que les restes de la veille sont parfois meilleurs que le plat du jour, si on les traite avec un peu d’imagination.

Le riz de la veille est parfait pour un riz sauté. Dans une poêle bien chaude, un filet d’huile de sésame, le riz froid émietté, et en cinq minutes il retrouve une seconde vie. J’ajoute un œuf battu, des petits pois surgelés, une cuillère de sauce soja, et c’est un repas complet qui n’a rien d’un reste.

Les pâtes refroidies, je les passe rapidement à la poêle avec un peu d’huile d’olive et de l’ail. Elles croustillent légèrement sur les bords, et c’est délicieux. Une autre option que j’aime beaucoup : en salade froide, avec des tomates cerises, de la mozzarella et du basilic. C’est frais, prêt en trois minutes, et ça n’a pas le goût « réchauffé » qui rebute tant.

Ce que j’ai appris, c’est que le lendemain n’est pas une punition. C’est une occasion de varier sans repartir de zéro. Un peu comme quand on prépare ses plantes pour les premiers froids : on anticipe, on adapte ce qu’on a sous la main, et le résultat est souvent plus malin que la solution « premier jet ». D’ailleurs, c’est exactement la même philosophie que pour protéger ses plantes du gel : un petit geste au bon moment, et tout tient jusqu’au lendemain.

Ce que j’en retiens au quotidien

Aujourd’hui, réussir mon riz et mes pâtes ne me demande plus d’effort conscient. Les proportions sont devenues des réflexes, le rinçage un automatisme, et je ne jette plus jamais l’eau de cuisson des pâtes sans y penser. Mais au-delà des gestes techniques, ce que j’en retiens, c’est une certaine douceur dans la cuisine.

Il y a une satisfaction toute simple à poser sur la table un bol de riz basmati dont chaque grain se détache, ou une assiette de spaghettis qui brillent légèrement, enrobés de leur sauce. Ce n’est pas de la grande cuisine, mais c’est une petite fierté du quotidien. Et elle ne coûte rien : juste un peu d’attention, de la régularité, et l’envie de bien faire pour soi.

J’ai aussi appris à ne pas me crisper sur les échecs. Un riz trop cuit, des pâtes qui accrochent, ce n’est pas grave. Ça arrive encore, même après tous ces essais. La différence, c’est qu’aujourd’hui je sais pourquoi, et je sais ce que je ferai différemment la prochaine fois. Cuisiner, c’est comme tout le reste : on avance par petites touches, sans se juger.

FAQ

Combien de temps faut-il vraiment saler l’eau des pâtes ?

On sale l’eau quand elle arrive à ébullition, juste avant d’y plonger les pâtes. Si tu sales trop tôt, l’eau mettra plus de temps à bouillir, le sel élève le point d’ébullition. Une cuillère à soupe rase de gros sel par litre d’eau, c’est la mesure qui marche. Et non, l’huile dans l’eau des pâtes ne sert à rien : elle flotte en surface et ne touche jamais les pâtes. Elle est juste gaspillée.

Pourquoi mon riz basmati est-il toujours pâteux ?

Deux causes probables : tu ne le rinces pas assez, et tu mets trop d’eau. Le basmati a besoin d’un rinçage à l’eau froide jusqu’à ce que l’eau devienne claire, puis d’un trempage de trente minutes. Ensuite, la proportion est d’un volume et demi d’eau pour un volume de riz, pas plus. Une fois l’ébullition atteinte, couvre et ne touche plus à rien pendant dix minutes. Enfin, laisse-le reposer cinq minutes hors du feu, couvercle fermé, avant de le servir.

Est-ce qu’on peut congeler du riz ou des pâtes cuits ?

Le riz cuit se congèle très bien, à condition de le faire refroidir rapidement et de ne pas le laisser plus de deux heures à température ambiante. Je le portionne à plat dans des sacs de congélation, et je le réchauffe directement à la poêle, pas besoin de décongélation. Les pâtes, c’est plus délicat : elles ont tendance à devenir molles à la décongélation. Si tu veux vraiment les congeler, choisis des pâtes courtes et cuis-les très al dente. Mais le plus simple reste de les accommoder le lendemain plutôt que de les congeler.

Quelle est la différence entre l’eau de cuisson des pâtes et celle du riz pour les sauces ?

L’eau de cuisson des pâtes est riche en amidon et en sel : c’est un liant naturel pour les sauces. Une petite louche dans ta poêle, et la sauce s’émulsionne et enrobe parfaitement chaque pâte. L’eau de cuisson du riz contient aussi de l’amidon, mais elle est généralement non salée (sauf si tu sales ton riz, ce que je ne fais pas). Elle est plus neutre et moins utile en cuisine. Garde l’eau des pâtes ; celle du riz, tu peux la jeter sans regret.


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