Le Journal de Perrine

En cuisine

Pain sans gluten

14 octobre 2026

Faire un pain sans gluten qui se tranche sans s’effriter, c’est possible, mais cela ne s’improvise pas : il faut un mélange de farines, une pâte plus humide que celle du pain de blé, et un moule. Chez nous, tout a commencé par un diagnostic. Mon compagnon est cœliaque, le pain du commerce coûtait cher et nous décevait, et j’ai mis près d’un an à trouver une base qui marche. Voici ce que j’utilise, comment je procède, et les ratés par lesquels je suis passée.

Ce qui m’a fait changer d’habitude

Le jour où le diagnostic est tombé, je me suis dit que le plus simple serait d’acheter du pain sans gluten tout fait. Le constat était toujours le même : des tranches sèches, un goût de carton et un prix qui pique.

Le vrai déclic, c’est un dimanche où mon compagnon a regardé son assiette et a dit, sans se plaindre : « Le pain, c’est ce qui me manque le plus. » Je cuisinais déjà tout le reste, alors j’ai attaqué le pain.

Ma première fournée est restée au fond du moule. La deuxième avait la texture d’une éponge. La troisième était mangeable, et c’est celle-là qui m’a fait continuer. Ce pain-là, on l’a fini.

Les ingrédients et le matériel, sans superflu

Le secret d’un pain sans gluten, c’est le mélange : une farine seule donne un résultat sableux ou élastique, jamais les deux. J’utilise une base de trois éléments, avec des proportions simples à retenir.

Farine ou liantCe qu’il apporteProportion indicativePrix indicatif
Farine de rizLa base neutre, la mie fineLa moitié du mélange2 à 4 € le kilo
Farine de sarrasin ou de pois chicheLe goût, la couleur, la structureUn quart du mélange3 à 5 € le kilo
Fécule (pomme de terre, maïs)La légèreté, la tenue à la cuissonUn quart du mélange2 à 3 € le kilo
Psyllium ou graines de lin mouluesLe liant naturel qui remplace le glutenUne cuillère à soupe par pain8 à 15 € le pot, longue durée
Levure de boulanger et selLa pousse et le goûtSelon la recetteQuelques centimes par fournée

Côté matériel, trois choses comptent : une balance, un moule à pain et un torchon propre. Une pâte sans gluten ne tient pas sa forme à main levée, le moule n’est donc pas négociable. Pour le choix des farines selon les usages, la logique est la même que dans mon article sur la farine à crêpes.

Un point de sécurité avant de continuer. Pour un repas destiné à une personne cœliaque diagnostiquée, il ne suffit pas d’éviter pain et pâtes : la charcuterie, la bière et le seitan sont des sources de gluten moins évidentes, comme le rappelle la fiche d’ameli.fr sur le régime sans gluten (2026). Chez nous, cela veut dire deux planches à découper, deux grilles et deux torchons, pour éviter les traces de farine de blé. Et un principe non négociable : le diagnostic et le suivi se font avec un médecin, pas avec un blog. Supprimer le gluten avant les examens fausse les résultats.

La préparation pas à pas

Voici ma méthode, dans l’ordre. Elle tient en cinq étapes et environ une heure trente, pousse comprise.

Je pèse d’abord les farines : la moitié en farine de riz, un quart en sarrasin ou pois chiche, un quart en fécule. Je mélange à sec, avec la levure et le sel, avant d’ajouter le moindre liquide.

J’ajoute ensuite le liant : une cuillère à soupe de psyllium ou de graines de lin moulues dans un peu d’eau tiède, laissée cinq minutes pour qu’elle gonfle. C’est ce geste qui remplace le gluten, et c’est celui que j’ai le plus longtemps négligé.

Puis l’eau. Il faut accepter une chose contre-intuitive : la pâte doit être plus liquide que celle d’un pain de blé, proche d’une pâte à cake épaisse plutôt que d’une boule. J’ai perdu deux fournées avant de l’accepter.

Je verse dans le moule, je lisse avec le dos d’une cuillère mouillée, et je laisse pousser une heure sous un torchon, dans un endroit tiède de la cuisine.

Enfin, la cuisson. Le pain sans gluten cuit en moule, souvent plus longtemps qu’un pain de blé, et il doit refroidir complètement avant d’être tranché : une tranche coupée tiède part en miettes.

Pour l’organisation, je fais deux pains d’un coup et je congèle le second en tranches, comme pour mes repas du dimanche. Une fournée par semaine suffit alors largement.

Les ratés classiques et comment les rattraper

La mie sableuse, qui part en poussière. Presque toujours un manque d’eau ou de liant : j’ajoute une cuillère d’eau et je vérifie que le psyllium a bien formé un gel.

Le pain qui ne pousse pas. Deux causes possibles : une levure périmée, ou un mélange trop salé qui freine la pousse. Je vérifie la date de la levure et je pèse le sel, ce que je ne faisais pas avec le blé.

Le pain qui retombe à la sortie du four. La pousse a été trop longue, ou la cuisson trop courte. Je plante la lame d’un couteau : elle doit sortir sèche.

Le goût de poudre. Il vient souvent d’un excès de fécule ou d’une farine de pois chiche trop présente. J’ajuste d’une cuillère à soupe à la fois, jamais de gros changements d’un coup.

Et le raté que je connais par cœur : vouloir faire « comme avec le blé ». Chaque fois que j’ai pétri et façonné comme avant, j’ai retrouvé un pavé au fond du moule.

Ce que j’en retiens au quotidien

Un an après, je fais un pain sans gluten correct en une heure trente. Le mélange de farines et le moule font tout le travail, et le reste, c’est de l’acceptation : cette pâte ne ressemblera jamais à celle du blé.

Cela a aussi changé notre façon de cuisiner tout court. On mange moins de pain, plus de galettes, de cakes salés et de tartines de sarrasin. Et quand je fais à manger pour une seule personne, je m’appuie sur les mêmes réflexes de portions que dans mes repas quand on vit seul : un pain au congélateur vaut mieux qu’un pain qui sèche sur le plan de travail.

FAQ

Quel mélange de farines pour un pain sans gluten ?

Je pars sur la moitié en farine de riz, un quart en sarrasin ou pois chiche, un quart en fécule. J’ajoute un liant, psyllium ou graines de lin moulues, et une pâte plus humide qu’un pain classique. Ce trio fonctionne pour un pain de tous les jours, cuit en moule.

Pourquoi mon pain sans gluten est-il sableux ?

Presque toujours par manque d’eau ou de liant. Le psyllium doit gonfler dans l’eau tiède avant d’être incorporé, sinon il ne joue pas son rôle. Ajoute l’eau par petites quantités : la pâte doit rester collante, jamais sèche, avant le four.

Le pain sans gluten est-il meilleur pour la santé ?

Ce n’est pas un régime minceur, ni une amélioration pour tout le monde. C’est un régime médical, nécessaire en cas de maladie cœliaque, et il se décide avec un médecin. Il ne faut d’ailleurs pas supprimer le gluten avant les examens, sous peine de fausser le diagnostic. Et pour une personne cœliaque, il faut aussi surveiller les sources cachées, comme la charcuterie, la bière ou le seitan (ameli.fr, 2026).

Combien de temps se conserve un pain sans gluten ?

Moins longtemps qu’un pain de blé : il sèche plus vite et devient friable en deux ou trois jours. Je le garde dans un linge, jamais au réfrigérateur, qui l’assèche encore. Le plus simple reste de le trancher et de le congeler, puis de griller les tranches au moment du repas.


Si je devais te donner un seul conseil, ce serait celui-ci : commence par peser tes farines et par accepter une pâte bien plus humide que ce que ta main connaît. Fais un pain, note ce qui a manqué, recommence la semaine suivante. Au troisième essai, tu tiendras une base à toi, et le pain du commerce ne te manquera plus.


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