Le Journal de Perrine

Bien-être

Bien s'hydrater en été : les repères pour adultes et enfants

22 juillet 2026

Bien s'hydrater en été : les repères pour adultes et enfants

Je ne comptais pas mes verres d’eau avant l’été 2023. Je buvais quand j’y pensais, et j’y pensais rarement. Et puis il y a eu cette semaine d’août, 33 degrés jour et nuit. Au troisième jour, mal de tête, bouche sèche, fatigue sourde. Mon médecin a posé deux mots : déshydratation légère. Rien de grave, mais assez pour que je comprenne une chose toute simple : attendre d’avoir soif, ce n’est pas une stratégie.

Ce qui m’a fait changer d’habitude

Mon médecin m’a dit une phrase que je n’ai pas oubliée : « la soif, c’est le voyant rouge, pas le tableau de bord. » Je pensais que mon corps me préviendrait à temps. Sauf que sous 35 degrés, entre transpiration et rythme de la journée, il était déjà en retard.

J’ai commencé à lire. Santé publique France recommande environ 1,5 litre d’eau par jour pour un adulte, et davantage par forte chaleur. Ce n’est pas le chiffre qui m’a marquée. C’est de comprendre que la déshydratation, même légère, entame la concentration et l’humeur. Et ces deux-là, j’en ai besoin tous les jours. Alors j’ai cherché des gestes simples, des points d’appui dans ma journée, des réflexes qui ne demandent pas de se souvenir de boire. Juste de le faire.

Les repères, et pourquoi la soif arrive trop tard

Quand tu ressens la soif, ton corps a déjà perdu environ 1 % de son eau. Ça suffit pour que le cerveau ralentisse. La concentration baisse, l’irritabilité monte, et tu mets ça sur le compte de la chaleur alors que c’est un simple manque d’eau.

Le repère le plus fiable que j’ai trouvé, gratuit, sans application : la couleur des urines. Claires, presque transparentes, tout va bien. Jaune foncé, c’est le moment de boire. Un verre, pas une bouteille. Juste un verre, et on réévalue une heure plus tard.

Je ne donne pas de chiffre magique, parce qu’il n’y en a pas. Chaque corps est différent. Une femme qui allaite, une personne âgée, un enfant qui court dehors : chacun son rythme. Si tu as un doute, le bon interlocuteur reste un professionnel de santé. Ce que je peux partager, en revanche, ce sont les moments où j’ai ancré le geste. Et ça, ça a tout changé.

Les moments d’ancrage dans la journée

Plutôt que de compter les verres, j’ai choisi d’attacher le geste à ce que je fais déjà. Voici les six ancrages qui ont transformé ma façon de m’hydrater.

Moment de la journéeMon geste d’ancragePourquoi ça fonctionne
Le réveilUn grand verre d’eau avant le caféHuit heures sans boire, le corps redémarre mieux avec de l’eau qu’avec de la caféine
Le petit-déjeunerUne boisson chaude ou un verre d’eau en mangeantAssocier boire et manger crée une routine sans effort
Avant de sortirMa gourde remplie, glissée dans le sacL’eau devient un objet du quotidien, aussi automatique que les clés
Le déjeunerUn à deux verres d’eau pendant le repasLe repas est un marqueur fort, l’eau s’y glisse naturellement
Le retour à la maisonUn verre d’eau en rentrant, avant toutAprès un trajet ou une exposition à la chaleur, ce geste stoppe la déshydratation amorcée
Le dînerUn dernier verre, sans excèsUn apport modéré sécurise la nuit sans imposer de réveils

Ces six moments ne m’ont rien coûté. Ils s’appuient sur des gestes que je faisais déjà, en ajoutant juste un verre d’eau. Six mois plus tard, c’est devenu aussi naturel que de me brosser les dents.

Les enfants et les personnes âgées, plus exposés

Les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables face à la chaleur, pour des raisons presque opposées.

Un enfant de moins de six ou sept ans ne pense pas à boire. Il court, il transpire, et son corps réclame de l’eau sans qu’il en ait conscience. Sa surface corporelle rapportée à son poids est plus grande que celle d’un adulte : il se déshydrate plus vite. Plutôt que de lui faire la leçon, je propose un verre à chaque transition. Avant de sortir, en rentrant, après un jeu actif. Je varie les contenants et je montre l’exemple. Un enfant qui voit un adulte boire intègre le geste sans qu’on ait besoin d’en parler. Cette logique d’adaptation, je la retrouve dans mon article sur les blagues et devinettes par âge, où l’ajustement au rythme de l’enfant fait toute la différence.

Pour les personnes âgées, le problème est inverse. La sensation de soif s’émousse avec l’âge. Le mécanisme physiologique devient moins réactif, et certains traitements médicamenteux accentuent ce phénomène. Là encore, la régularité remplace une soif qui ne se manifeste plus. Un verre au réveil, un à chaque repas, un dans l’après-midi. Proposer sans insister, à intervalles réguliers. L’attention discrète vaut mieux qu’une surveillance anxiogène.

Pour les deux publics, une règle simple : ne pas attendre qu’ils demandent. Proposer, avec douceur. Le verre suivant sera le bon.

Ce que j’en retiens au quotidien

Un an et demi plus tard, je ne compte toujours pas mes verres d’eau. Mais je ne ressens presque plus cette fatigue sourde qui accompagnait mes fins d’après-midi d’été. J’ai gagné une écoute plus fine de mon corps, sans podomètre à eau.

Ce que j’ai appris tient en trois points. L’hydratation n’est pas une corvée si elle s’accroche à des gestes qui existent déjà. La soif est un signal tardif : boire avant, c’est plus simple que de rattraper après. Et les enfants comme les aînés ont besoin qu’on leur propose, pas qu’on leur impose.

L’été, l’eau ne vient pas que du verre. Une salade de concombre, une pastèque bien fraîche, une soupe froide : ces aliments gorgés d’eau participent à l’hydratation sans qu’on y pense. Si tu cherches des idées pour recevoir sans passer des heures en cuisine, mon menu d’été pour recevoir regorge de plats simples qui font du bien quand il fait chaud.

Et quand la rentrée approche, j’aime retrouver un rythme plus posé. Boire de l’eau, c’est comme beaucoup de bonnes habitudes : ça se construit dans la régularité. J’en parle aussi dans mon article sur comment reprendre un rythme à la rentrée, car les ancrages de l’été peuvent devenir ceux de l’année entière.

FAQ

Pourquoi la sensation de soif diminue-t-elle avec l’âge ?

Avec les années, les récepteurs situés dans le cerveau qui détectent la concentration du sang et déclenchent la soif deviennent moins sensibles. Certains médicaments, comme les diurétiques, peuvent renforcer ce phénomène. Une hydratation ritualisée, à heures fixes, est souvent plus efficace qu’une hydratation guidée par la seule soif.

Faut-il boire davantage quand on allaite pendant une canicule ?

Oui. L’allaitement mobilise environ 700 à 800 ml d’eau supplémentaires par jour. En canicule, cette perte s’ajoute à la transpiration. Mon conseil de maman : un grand verre d’eau à chaque tétée, sans attendre la soif. En cas de doute, parle-en à ta sage-femme ou à ton médecin.

Les jus de fruits et les sodas hydratent-ils autant que l’eau ?

Ils apportent de l’eau, mais avec une charge en sucre qui complique le bilan. Les boissons très sucrées ralentissent la vidange de l’estomac et peuvent accentuer la soif à moyen terme. L’eau reste le vecteur le plus direct et le plus efficace. Tisanes tièdes et bouillons peu salés font de bonnes alternatives.

Quelle quantité d’eau pour un enfant selon son âge ?

Les repères indicatifs : environ 1 à 1,3 litre par jour entre 4 et 8 ans, et 1,5 à 1,7 litre entre 9 et 13 ans. Ces volumes augmentent naturellement en canicule. Le plus fiable reste l’observation : urines claires, lèvres non sèches, énergie stable. Pour un avis personnalisé, le pédiatre reste la référence.


La prochaine fois que la chaleur s’installe, remplis un verre d’eau avant même d’y penser. Bois-le debout, dans le silence de la cuisine encore fraîche. Ce geste minuscule, répété jour après jour, est le seul programme dont tu aies besoin.


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